Issue de la série Paysages perdus, cette ancienne colonne électrique en bois est présentée à l’horizontale sur des tréteaux. Sciée en trois parties puis réassemblée à l’aide de plomb, elle oscille entre objet technique, vestige et sculpture. Les joints métalliques évoquent à la fois la réparation et la cicatrice. Utilisé autrefois pour la conservation des cercueils, le plomb introduit discrètement une réflexion sur le temps, la disparition et la mémoire des paysages qui nous entourent. Mis hors d’usage et détourné de sa fonction première, ce fragment d’infrastructure révèle l’étrangeté d’un objet pourtant familier. Il devient le témoin silencieux d’un paysage rural progressivement électrifié et transformé par l’activité humaine.
Balise 9.b
Œuvre
Verloren Landschap
Christophe Dehaene
Poperinge, 1967. Vit et travaille à Kemmel.
À propos de l’œuvre
L’artiste
Christophe Dehaene
Chineur passionné, Christophe Dehaene parcourt les brocantes à la recherche des peintures qui composent sa série Paysages perdus, images démodées, oubliées ou délaissées. Par assemblage, intervention et détournement, il transforme ces représentations familières de campagnes et de paysages, alors même que les territoires réels qu’elles évoquent continuent d’évoluer, de se transformer ou de disparaître. Il en résulte des images à la fois reconnaissables et incertaines, entre mémoire, collage et poésie. L’artiste reste fidèle à cette formule qui résume sa démarche : « J’observe le passé dont l’avenir est incertain. »
Première édition - 2026
Biennale d’art BUTOR
22.08.2026
4.10.2026