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Butor

Concept artistique

Note d’intention des commissaires

Entre deux monts, deux mondes

Entre le Mont-Saint-Aubert et le Mont-de-l’Enclus, s’étend un paysage calme et ouvert, où la vie suit son cours et semble appartenir à un temps régulier, presque apaisé. Un territoire de lignes horizontales, typique de ce “plats pays” ô combien “pittoresque” — terme dérivé de l’italien pittoresco (du peintre), désignant une scène “charmante, digne d’être peinte” — que les peintres de nos régions n’ont eu de cesse de représenter.

Avec le temps, leurs scènes champêtres ordonnées et leurs vastes ciels au-dessus des terres agricoles ont façonné, dans les imaginaires, une sorte de carte postale mentale de la ruralité.


Aujourd’hui, pour sa première édition, la Biennale d’art BUTOR cherche justement à s’immiscer dans cet écart : entre la représentation rêvée, rassurante ou familière de la campagne et la réalité d’un territoire vivant, qui continue d’évoluer au gré des saisons, des festivités, des habitants et des usages.

Investissant l’ancienne Ferme Écavée — devenue lieu de réception — mais aussi un parcours dans le hameau du Butor et le village de Molenbaix, les œuvres choisies interrogent les faux-semblants d’un environnement en apparence paisible, loin du bruit de la ville et du monde de l’art.


Quand l’art contemporain s’invite dans la vie quotidienne d’une campagne située sur une frontière linguistique, il en révèle la poésie discrète, créant des points de contact entre l’art et la vie jusqu’à ce qu’une légère confusion s’opère entre eux — quand un détail étrange semble presque naturel ou qu’une présence ne s’explique pas tout à fait, plusieurs mondes coexistent.

Le nom : BUTOR

La manifestation s’inspire de la dénomination du lieu-dit “le Butor” où elle prend ses quartiers. Butor désigne à la fois un petit héron des roselières et un personnage un peu lourdaud ou malhabile — portant déjà, en lui-même, une double lecture.

Avec le soutien de